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vendredi 19 juin 2009

J6 18.06.09 Vik – Laki

La soirée d’hier fut longue au niveau informatique, le programme pour gérer les trajets s’étant mis à faire des caprices. Quelques soucis en perspective, mais pour le moment, c’est supportable.

Cliquez sur l'image ci-dessous pour apprécier le trajet et plus de photos






Finalement, le bug avec @trip provenait de la nouvelle version de Internet Explorer 8.0, mise à jour tout va bien.

Ce matin, l’ironie se poursuit : le lieu où il pleut le plus nous offre un soleil radieux ! Ce n’est pas pour nous déplaire, car la pluie a été suffisamment généreuse ces derniers jours. Nous espérons que cela aura aidé à l’ouverture du Landmannalaugar, mais ce n’est hélas pas le cas. Il nous faut donc un plan B. Peut-être le Laki, même si la route est réputée longue et difficile. Les Islandais estiment d’ailleurs que l’on n’est pas un homme tant que l’on n’a pas « fait » cette piste ! Les conductrices apprécieront…
Pour obtenir plus de renseignements, nous décidons de nous rendre à l’office du tourisme de Vik.
Celui-ci n’étant ouvert qu’à partir de 11h, nous commençons par rejoindre le site de Reynishverfi, au paysage très vert (répétons-le : le coin est très humide) auquel succède une très belle plage de sable noir.
Le bruit des vagues qui s’écrasent sur les galets, l’océan baigné de soleil, tout cela est magnifique. La falaise est constituée d’impressionnantes orgues basaltiques (formations volcaniques en forme de longs tuyaux à cinq ou sept côtés, collés les uns aux autres) dont une partie crée une grande voûte. Les touristes sont évidemment légion dans le coin, mais par moments nous sommes presque seuls, et c’est très agréable.
Après cette belle entrée en matière, nous joignons le village de Vik, très mignon, de l’autre côté de la falaise. Une jolie petite église, échouée parmi les fleurs, le surplombe.
Une vraie carte postale ! A l’office du tourisme (ou plutôt la réception d’un hôtel !), on nous dit qu’effectivement le Landmannalaugar est toujours fermé, mais que la route pour aller au Laki est ouverte. Notre guide du voyage conseillait de prévoir la journée pour une telle excursion car la route est très longue, mais même s’il est déjà midi, le réceptionniste ne nous dissuade pas d’entreprendre cette balade, ce qui nous semble plutôt bon signe. Dans la foulée, nous lui demandons de nous réserver un logement à proximité, dans le village de Kirjubaejarklaustur juste avant la piste F206 (on peut dire Klaustur, pour simplifier un tout petit peu !). Petite guesthouse Hunkubakkar très agréable, à recommander!
Nous reprenons la route, alors que quelques petites gouttes de pluie s’abattent sur notre pare-brise (tout de même, le lieu justifie sa réputation !). Nous traversons une immense plaine quasi désertique. Une fois de plus, l’espace semble énorme. Au loin, on aperçoit déjà la blancheur du Vatnajoküll, le plus grand glacier d’Islande et d’Europe.
Mais nous n’irons pas aussi loin (quoique). Nous passons au travers d’une coulée de lave qui semble infinie, puis bifurquons sur la route F206 qui nous mènera au Laki. Le temps de déposer quelques affaires dans notre guesthouse, et c’est parti pour l’aventure !

Comment décrire cette piste ? Déjà, elle ne fait « que » 50 kilomètres mais il faut environ deux heures pour les parcourir. Cela raconte bien la rugosité du chemin. Et ça monte, ça redescend, ça zigzague dans tous les sens. Il y a plusieurs gués à traverser, mais à chaque fois l’eau n’est pas trop profonde, et, surtout, elle est toujours limpide, ce qui permet d’en voir la profondeur.




Nous faisons un minuscule détour pour admirer la jolie chue de Fagrifoss. Notre véhicule nous protège vraiment très bien, car lorsque nous en sortons, nous sommes assaillis par un vent très violent que l’on voit d’autant moins en roulant qu’il n’y a pas d’arbre, rien qui bouge à l’extérieur.

Nous montons de plus en plus, puis parvenons sur un haut plateau au milieu de nulle part, absolument splendide. Au moment où je m’exclame que nous devons être arrivés sur la lune, nous croisons notre premier véhicule ! J’avais presque fini par avoir l’impression que nous serons seuls sur ce plateau.


















Plus loin encore, nous atteignons une bifurcation. Le reste du trajet fait une immense boucle devant le Laki, ce qui nous permettra de ne pas revenir par le même chemin. Pratique ! Au loin, nous apercevons déjà l’alignement de cratère du Lakagigar, au milieu d’une coulée de lave gigantesque.











Nous la longeons pour arriver au pied du Laki, d’où partent plusieurs sentiers balisés. Le vent est plus fort que jamais, mais nous ne sommes pas découragés, tellement heureux que le soleil soit de la partie. Nous entamons la montée vers le sommet, et au fur et à mesure que nous prenons de la hauteur, nous voyons mieux le théâtre des événements tragiques de 1783 (et 1784 !).



















Au printemps 1783, une faille de 25 kilomètres de long s’est ouverte de chaque côté du Laki, formant environ 130 cratères d’où les entrailles de la terre ont jailli pour former la plus importante éruption de l’histoire humaine. Pendant huit mois, le volcan a déversé des milliards de tonnes de matière, lave, cendres, gaz. Les coulées de lave ont recouvert une surface de 500 km2, tuant 9000 personnes, soit le cinquième de la population de l’Islande. Deux tiers des réserves vitales ont été détruites, provoquant une grande famine. Les dégâts ne se sont même pas limités à l’Islande, mais ont atteint l’Europe, le Japon et l’Alaska : pluies acides, soleil masqué par les nuages de cendres, entraînant de mauvaises récoltes. On estime d’ailleurs que cet événement tragique serait à l’origine (entre autres, bien sûr) de la révolution française, à cause justement de la période de disette qu’elle a entraîné dans les campagnes !
Maintenant que le contexte est posé, nous pouvons, depuis le sommet du volcan, avoir la vue la plus parfaite sur le chapelet de cratères qui forment une ligne de chaque côté du Laki. Le tout au milieu d’un champ de lave qui s’étend à perte de vue. C’est absolument immense, vertigineux, et le vent qui souffle plus violemment que jamais en rajoute encore côté ambiance dramatique.













Toujours au sommet, nous croisons un couple de Parisiens, Marion et Sébastien, avec qui nous échangeons nos impressions du lieu et de l’Islande en général. Puis nous prenons quelques photos amusantes, dont celle qui figure ci-dessous. Un grand bonjour à eux, en espérant que la suite de leur voyage a été aussi bonne que cette journée.
Au retour, nous visitons encore deux des cratères les plus proches. Roches noires recouvertes de mousse, restes de névés cachés dans les anfractuosités, petite grotte. Dire que nous sommes là à marcher sur les lieux de l’une des catastrophes les plus marquantes de l’histoire…













Nous ne sommes pas mécontents de nous retrouver à l’abri de notre véhicule pour la suite du trajet. Une fois encore, nous sommes surpris de voir à quelle vitesse le décor évolue. Tout en longeant la suite de cratères, nous passons près d’un lac, puis dans un désert de sable noir somptueux, ponctué par une petite oasis de verdure traversée par une petite rivière sur laquelle s’ébattent des canards. C’était bien la dernière chose que nous nous attendions à voir dans une région aussi désolée. Une partie du retour est d’ailleurs très agréable, car le sable noir rend le transport beaucoup plus confortable.














Ce fut donc une journée parfaitement réussie. Nous avons passé sept heures dans cette vallée lunaire, en ayant l’impression d’être sur une autre planète. Inoubliable ! Nous repensons à une serveuse de Reykjavik qui nous disait que notre souvenir préféré d’Islande serait le lac de Jokulsarlon. Peut-être bien, mais il devra faire fort dans d’aussi bonnes conditions, car le Laki a mis la barre très, très haut.

jeudi 18 juin 2009

J5 17.06.09 Pórsmörk-Dyrhólaey-Vik


Bonne surprise au réveil, il fait presque beau. En tout cas il ne pleut pas, et les nuages laissent de la place au ciel bleu.
Double clic sur l' image ci-dessous pour suivre notre parcours ainsi que les photos géolocalisées



Après le petit déjeuner, nous nous mettons en route pour une balade de deux ou trois heures, conseillée par les responsables du lieu, et qui devrait nous offrir un point de vue magnifique sur la région.

En chemin, il se met à faire assez chaud, lorsque le soleil n’est pas caché derrière les nuages. C’est plutôt agréable de retrouver des conditions climatiques pareilles. Mais rien ne dure. Alors que nous entamons une belle montée vers le sommet voisin, les nuages refont la loi dans le ciel, le vent aussi et la pluie semble faire son retour au loin…
Peu importe, car le but de l’excursion est atteint et il en valait le détour. De la pointe sur laquelle nous nous trouvons, Valahnúkur, nous voyons l’immense plaine qui file devant nous avec tous ses bras de rivières, et, à l’horizon, les immenses glaciers d’où s’écoulent une myriade de torrents. C’est comme si nous étions sur une île surélevée au milieu de ce paysage. Derrière nous, les montagnes s’enchaînent à l’infini. Et tout cela paraît tellement immense ! Pas étonnant que ce soit un des lieux préférés des Islandais…
Nous redescendons (sous une pluie légère) et arrivons (encore un coup de chance) juste au moment où un bus repart du refuge. Nous le suivons volontiers pour le voir traverser les gués. Le plus terrible, que nous avions fait en dernier hier, se prend un peu plus en amont pour pouvoir « descendre » la rivière au lieu d’aller contre elle. Le bus passe d’abord, puis c’est à notre tour. Comme conseillé par le chauffeur d’hier, nous traversons à plus faible vitesse, et tout se passe dans la plus grande facilité. Il en ira de même pour les gués suivants. Mais cela reste impressionnant tout de même. Ce ne sera sûrement pas la dernière fois….
Nous rejoignons la route 1 en direction de Vik, avec pour escale touristique le passage devant la très belle cascade de Skogafoss et ses 62 mètres de hauteur. Le déluge a repris de plus belle, et comme nous avons un peu de temps, nous restons dans la voiture en face de la chute, en espérant une éclaircie. Il faut dire que la limite avec le beau temps semble très proche, juste un peu au sud.
Le soleil finit par se montrer, timidement et très brièvement, et nous pousse à sortir pour aller voir la chute de plus près. Très impressionnante, et il se raconte que le trésor d’un colon nommé Drasi se trouve encore derrière le rideau d’eau. Nous n’avons pas le courage d’aller vérifier…
Un escalier permet d’aller admirer la chute depuis le haut. En remontant le long de la rivière, on peut apercevoir encore d’autres chutes (quelques dizaines, sauf erreur). Nous nous contentons d’en voir deux, qui sont fort belles aussi.
Lorsque nous reprenons la route, le soleil se fait un peu plus généreux. Au loin, nous voyons déjà le cap de Dyrhólaey, avec son arche de pierre au-dessus de l’océan. En fait, il s’agit d’un gigantesque promontoire sur lequel se dresse un joli petit phare. L’endroit est accessible en voiture, la suite se faisant à pied jusque de l’autre côté de l’arche, colonisée par de nombreuses espèces d’oiseaux. Nous ne nous privons pas d’y monter. La zone bénéficie du statut de réserve naturelle, dont une partie est fermée de mai à fin juin, pendant la période de ponte. Nous dominons, à l’ouest, une immense plage de sable noir balayée par les vagues. En face, quelques grands rochers sortent de l’eau, dont l’un ressemble à un ours polaire dépeçant un phoque (interprétation très libre !). Et à l’est, une autre belle plage et des pointes sortant de l’eau, en face du village de Vik, encore caché à notre vue par la falaise. Selon le guide de voyage, nous pouvons nous estimer heureux d’avoir du beau temps, car cette région est la plus humide d’Islande ! Sous le soleil, le point de vue défie toute concurrence.
Après une journée aussi bien remplie, nous ne sommes pas fâchés de n’avoir que quelques kilomètres à parcourir pour rejoindre notre hôtel, (Hôtel Dyrhólaey) situé idéalement en face de Dyrhólaey et en hauteur, ce qui nous offre un point de vue sublime sur la région et l’océan. (A noter que c'est un grand hôtel fait de containers, chambre assez spacieuse avec salle de bain, bien chauffée, sans charme mais une belle vue)  En plus, une connexion internet est disponible, ce qui permettra une petite mise à jour de notre blog, et la pêche aux informations pour savoir si, oui ou non, la région du Landmannalaugar est ouverte aux véhicules. Il faut dire que selon notre feuille de route, c’est demain que nous sommes supposés nous y rendre. Suspense…